Blogue/Conformité

Marketing conforme pour les conseillers financiers canadiens : OCRI, AMF et LCAP expliqués

Un bouclier avec un crochet, une pile de documents approuvés et un stylo-plume

Vous avez écrit une publication LinkedIn sur la date limite des REER un dimanche soir. Vous l’avez envoyée à la conformité le lundi, et le vendredi elle est revenue plus rouge que noire. Alors vous avez arrêté. Pas parce qu’un régulateur vous l’a demandé, mais parce que vous n’arriviez pas à voir quelle ligne avait déclenché l’alarme.

Un profil silencieux semblait plus sûr qu’un dossier à votre nom. Ce silence vous coûte des prospects et laisse votre agenda reposer sur les seules références. Les règles viennent d’une poignée de sources, et une fois la carte sous les yeux, la révision cesse d’être un mur pour devenir une étape que vous planifiez.

Ce guide trace cette carte. Il couvre qui encadre qui, ce que vous pouvez affirmer, ce que la LCAP et le Québec ajoutent, et une liste de vérification à passer avant toute soumission.

Un guide de Finnect, agence d’acquisition de clients de Montréal pour les conseillers financiers canadiens.

La conformité marketing d’un conseiller financier au Canada dépend de sa catégorie d’inscription. L’OCRI (Organisme canadien de réglementation des investissements, anciennement l’OCRCVM et l’ACFM) supervise la publicité des représentants de courtiers sous sa série de règles 3600. Les gestionnaires de portefeuille relèvent de leur commission provinciale sous le Règlement 31-103, et les conseillers en assurance de l’ARSF, de l’AMF ou de leur conseil provincial.

La LCAP, la LPRPDE et, au Québec, la Loi 25 et la Charte de la langue française s’ajoutent à tout ça. Trouvez votre catégorie et vous saurez quelles règles vous lient avant d’écrire un seul mot.

Points clés

  • Sous la série de règles 3600 de l’OCRI, vos publications sociales, blogues et vidéos sont de la publicité ou de la documentation commerciale, votre courtier doit avoir un processus de révision pour elles, et toute donnée de rendement exige une approbation préalable.
  • La conservation se fait par paliers : 2 ans pour la publicité et la documentation commerciale, 5 ans pour la correspondance, 7 ans pour les dossiers généraux (Règle 3804).
  • Aucune règle canadienne en valeurs mobilières n’interdit d’emblée les témoignages de clients; ce qui décide, c’est la politique de votre courtier et l’interdiction des communications trompeuses.
  • Payer une agence par client ou en pourcentage des actifs peut créer une entente d’indication de clients sous le Règlement 31-103; un tarif mensuel fixe est la façon habituelle de rester en dehors de ce régime.
Dans cet article
  1. Qui encadre votre marketing au Canada ?
  2. Qu’est-ce qu’une publicité sous la Règle 3600 de l’OCRI ?
  3. Ce que vous pouvez affirmer, et ce qui est interdit
  4. Qu’est-ce qui change en assurance ?
  5. LCAP, LPRPDE et Loi 25 : consentement, dossiers et pixels
  6. La Charte de la langue française s’applique-t-elle à vos publicités ?
  7. Qu’est-ce que Meta exige des annonceurs financiers ?
  8. Pourquoi les honoraires d’agence par client sont risqués
  9. Liste de vérification et flux de révision qui vous garde en ligne
  10. Foire aux questions

Qui encadre votre marketing au Canada ?

Vous avez probablement reçu trois réponses de trois collègues, chacune à moitié bonne. Tout dépend de ce que vous êtes inscrit ou autorisé à faire, et où. Il n’y a pas de régulateur national unique.

Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) regroupent les 13 régulateurs provinciaux et territoriaux en valeurs mobilières et rédigent les règlements nationaux (31-103, 81-102), sans les appliquer elles-mêmes. L’OCRI, créé le 1er janvier 2023 par la fusion de l’OCRCVM et de l’ACFM, encadre les courtiers en placement et en épargne collective. L’assurance est régie province par province.

Trouvez d’abord votre ligne : elle décide quelles sections vous lient et lesquelles sont du contexte.

Type de conseillerQui encadre votre marketingPrincipales règles marketingNotes
Conseiller en placement (représentant d’un courtier en placement de l’OCRI)OCRI, plus inscription provincialeRègles CPPC, série 3600; art. 13.18 du Règlement 31-103; partie 15 du Règlement 81-102 pour les fondsRévision par le courtier; approbation préalable des données de rendement
Représentant en épargne collectiveOCRI, plus inscription provincialeRègles des courtiers en épargne collective (en consolidation dans le recueil de l’OCRI); Règlement 31-103; partie 15 du Règlement 81-102Les représentants du Québec passent sous l’OCRI le 4 juillet 2026
Gestionnaire de portefeuille / représentant-conseilCommission provinciale directement (CVMO, AMF, BCSC, ASC, autres); aucun OARRèglement 31-103; Avis 31-325 des ACVM; Avis 33-729 de la CVMOEn ligne de mire : rendements hypothétiques, simulés et composés
Conseiller en assurance, OntarioARSFRègle sur les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers (1er avril 2022)« Financial Advisor » et « Financial Planner » exigent un titre approuvé par l’ARSF
Conseiller en assurance, QuébecAMF; déontologie par la CSF, qui devient la Chambre de l’assurance le 4 juillet 2026Règles de l’AMF sur les représentations; Code de déontologieLa Charte de la langue française et la Loi 25 s’appliquent à chaque publicité et page
Conseiller en assurance, C.-B., Alberta, Saskatchewan, ManitobaInsurance Council of BC; Alberta Insurance Council; Insurance Councils of Saskatchewan; Insurance Council of ManitobaCodes de conduite et conditions de permisConsultez votre conseil et la politique de votre agent général (AGA)
Tout le monde, partoutCRTC (LCAP); Commissariat à la protection de la vie privée (LPRPDE); CAI et OQLF au QuébecLCAP; LPRPDE; Loi 25; Charte de la langue françaiseS’applique, inscrit ou non

Le survol par juridiction du CCRRA liste les autres régulateurs provinciaux en assurance. Double permis ? Vous occupez deux lignes à la fois : écrivez selon la plus stricte.

Un mot sur les titres. « Conseiller financier » n’est pas protégé partout au Canada. L’Ontario protège « Financial Planner » et « Financial Advisor » depuis le 28 mars 2022, sous la Loi de 2019 sur la protection du titre des professionnels des finances. Le Nouveau-Brunswick est en vigueur depuis le 1er janvier 2026.

Le Québec réserve « planificateur financier » aux détenteurs d’un certificat de l’AMF. Ailleurs, la règle générale contre les communications trompeuses s’applique. Votre ligne dit qui vous lit; la règle suivante dit comment votre travail sera classé.

Qu’est-ce qu’une publicité sous la Règle 3600 de l’OCRI ?

Si vous êtes représentant de courtier, vous vous êtes probablement demandé pourquoi une publication qui ne nomme aucun produit doit passer par un réviseur. Sous la série de règles 3600 des Règles CPPC de l’OCRI, presque tout ce que vous publiez à vos prospects tombe dans une catégorie. Publicité, documentation commerciale ou correspondance. Votre courtier doit avoir des politiques écrites pour réviser et superviser les trois.

L’article 3603 des Règles CPPC met les médias sociaux dans le champ. Facebook, X, YouTube, les blogues et le clavardage sont nommés dans les lignes directrices de l’OCRI sur la publicité, la documentation commerciale et la correspondance. Chaque catégorie a sa norme de révision et sa période de conservation :

  • Publicité. Contenu diffusé au public : annonces, publications commanditées, publication statique LinkedIn ou Instagram, page d’atterrissage. Passe par la révision du courtier; plusieurs courtiers approuvent chacune d’avance.
  • Documentation commerciale. Matériel qui fait la promotion de titres ou de services précis : brochures, fiches de fonds, présentations de séminaire qui recommandent un produit, lettres sur les marchés. Toute donnée de rendement et toute lettre sur les marchés exigent une approbation préalable, jamais par l’auteur.
  • Correspondance. Votre communication individuelle : courriels, messages directs, réponses. Supervisée par échantillonnage après coup plutôt qu’approuvée d’avance.

Deux choses ne sont explicitement pas de la documentation commerciale : les commentaires généraux sur les marchés et les séminaires éducatifs qui ne vendent pas de titres précis. C’est cette exclusion qui fait du contenu éducatif le plus facile à faire approuver. Pour la version médias sociaux, y compris les publications qui exigent une approbation préalable, lisez les règles de l’OCRI sur les médias sociaux pour les conseillers.

Conservation. Publicité et documentation commerciale : 2 ans; correspondance : 5 ans; dossiers généraux : 7 ans, selon la Règle 3804. Votre courtier a donc besoin d’une archive : quoi, quand, approuvé par qui. La plupart utilisent un logiciel; sinon, gardez des copies datées.

Les représentants en épargne collective se référaient au recueil de l’ACFM, consolidé par phases dans celui de l’OCRI, comme le décrit le résumé de BLG sur le projet de consolidation. Tant que votre courtier ne dit pas le contraire, présumez que les mêmes normes de révision et de conservation s’appliquent. La catégorie fait la moitié du travail; les mots à l’intérieur font l’autre moitié.

Ce que vous pouvez affirmer, et ce qui est interdit

Vous avez probablement vu une phrase inoffensive se faire biffer et une phrase risquée passer sans un mot. La ligne est plus nette qu’elle n’en a l’air. Vous pouvez décrire ce que vous faites, qui vous servez et comment vous travaillez. Vous ne pouvez pas induire en erreur sur vos qualifications, présenter des rendements hors des formats prescrits ni représenter la valeur future d’un titre.

Titres et communications trompeuses : l’article 13.18 du Règlement 31-103

Depuis le 31 décembre 2021, l’article 13.18 du Règlement 31-103, issu des réformes axées sur le client, interdit à une personne inscrite de se présenter de façon trompeuse. L’interdiction vise sa compétence, son expérience, ses qualifications, sa catégorie d’inscription ou ses services. Le guide de BLG sur les exigences relatives aux titres relève deux pièges. Les titres fondés sur les ventes (« President’s Club »), et « vice-président » sans nomination réelle à ce poste.

Affirmations de rendement : la partie 15 du Règlement 81-102

Toute « communication publicitaire » sur un fonds d’investissement public, publication sociale ou bannière comprises, doit respecter la partie 15 du Règlement 81-102. Ça veut dire périodes et calculs prescrits, comparaisons avec tous les faits importants, rien de trompeur. Voilà pourquoi la capture d’écran du rendement d’un fonds dans une story se fait refuser : le format cloche, pas le fait.

Les avis sur le marketing des gestionnaires de portefeuille

Les gestionnaires de portefeuille et représentants-conseils savent ce qu’on surveille. L’Avis 31-325 des ACVM et l’Avis 33-729 de la CVMO ciblent :

  • les rendements hypothétiques et simulés;
  • les rendements composés;
  • le choix des indices de référence;
  • les « affirmations exagérées et non étayées ».

Les données simulées sont identifiées, nettes de frais et accompagnées de leurs limites.

« Garanti » et le langage sur la valeur future

Les lois provinciales sur les valeurs mobilières interdisent de représenter la valeur future d’un titre dont on fait la promotion. Voyez l’article 50 de la Securities Act de la Colombie-Britannique et le paragraphe 38(2) en Ontario. Règle pratique : jamais « rendement garanti », « sans risque » ou « battre le marché ». Les cousins plus doux (« faites croître votre patrimoine plus vite ») se lisent pareil pour un réviseur.

L’avis sur les finfluenceurs et les témoignages

Le 11 décembre 2025, les ACVM et l’OCRI ont publié l’Avis 31-369 sur les finfluenceurs. Ses points centraux :

  • la promotion payée d’une personne inscrite peut constituer une entente d’indication de clients;
  • les sociétés sont responsables des déclarations faites en leur nom;
  • les régulateurs attendent un contrôle diligent, des ententes écrites et un contenu « juste, équilibré, étayé et non trompeur »;
  • ils attendent aussi une surveillance continue et la divulgation des conflits.

Si quelqu’un parle de vous contre rémunération, ça vous appartient.

Les témoignages sont ce que les conseillers se trompent le plus souvent, presque toujours par excès de prudence. Aucune règle canadienne en valeurs mobilières ne les interdit d’emblée. Ce sont des communications publicitaires, soumises à l’interdiction des communications trompeuses et à l’approbation de votre courtier. Plusieurs courtiers les restreignent par politique interne, par exemple en faisant désactiver les recommandations LinkedIn.

La réponse honnête, c’est « vérifiez la politique de votre courtier », pas « c’est illégal ». Le traitement complet, avis Google non sollicités compris, est dans témoignages et avis Google pour les conseillers canadiens. Et si vous détenez aussi un permis d’assurance, un deuxième recueil de règles lit la même publication.

Qu’est-ce qui change en assurance ?

Si vous avez un double permis, vous avez probablement présumé que l’approbation du courtier couvre tout. Elle ne couvre pas tout. Le marketing en assurance est encadré par les provinces : traitement équitable et représentation exacte des produits et de votre capacité, plutôt qu’un régime de documentation commerciale. Ces règles visent votre contenu d’assurance même une fois votre courtier passé par là.

  • Ontario. La Règle sur les actes ou pratiques malhonnêtes ou mensongers de l’ARSF, en vigueur depuis le 1er avril 2022, couvre la publicité trompeuse et la fausse représentation des produits ou de votre capacité. Avec la protection des titres, votre titre et vos propos sur une police sont tous deux réglementés.
  • Québec. L’AMF est le régulateur unique des valeurs mobilières et de l’assurance. La déontologie des représentants en assurance de personnes et des planificateurs financiers relève de la Chambre de la sécurité financière (CSF). En vertu de la Loi 16, la CSF et la ChAD fusionnent pour former la Chambre de l’assurance le 4 juillet 2026, la date même où l’OCRI prend en charge les représentants en épargne collective du Québec. Les obligations de marketing du Code de déontologie de la CSF restent la référence pratique. Les conseillers québécois ont leur propre guide : marketing pour les conseillers du Québec : AMF, CSF et campagnes bilingues.
  • C.-B., Alberta, Saskatchewan, Manitoba. Chaque conseil publie son code de conduite. Votre AGA ajoute souvent sa politique marketing, et les assureurs exigent une approbation avant d’apparaître dans votre matériel.

Chaque publicité, chaque publication et chaque entonnoir rédigés pour la révision de votre cabinet dès la première ligne

Finnect écrit à l’intérieur des lignes directrices de votre courtier ou de votre AGA, soumet en lots selon l’horaire de votre réviseur et tient une bibliothèque de contenu approuvé pour que rien ne soit approuvé deux fois. Votre agenda roule sur du contenu approuvé et votre permis reste exactement où il est. Tarif mensuel fixe pour connaître le montant avant de commencer, jamais un pourcentage de vos actifs pour que les règles d’indication de votre cabinet restent nettes, chaque livrable rédigé pour la révision de conformité de votre cabinet, français du Québec et anglais sous un même toit.

Réserver mon audit gratuit

LCAP, LPRPDE et Loi 25 : consentement, dossiers et pixels

Tout ce qui précède encadre ce que vous dites. Vous avez probablement passé moins de temps sur les trois lois qui encadrent qui vous pouvez contacter et ce que vous pouvez recueillir. Elles visent chaque conseiller au Canada, inscrit ou non.

LCAP : trois exigences et deux types de consentement

La Loi canadienne anti-pourriel est en vigueur depuis le 1er juillet 2014 et appliquée par le CRTC. Selon la FAQ du CRTC sur la LCAP, un message électronique commercial exige un consentement et l’identification de l’expéditeur avec ses coordonnées. Il exige aussi un désabonnement fonctionnel, actif 60 jours et traité dans les 10 jours ouvrables.

  • Le consentement exprès est un opt-in que la personne donne activement (pas de case précochée) et il n’expire pas. Une case « Envoyez-moi votre infolettre » laissée vide sur votre formulaire de webinaire, puis cochée par le prospect, en est un.
  • Le consentement tacite couvre une relation d’affaires existante : 2 ans après un achat ou un contrat, 6 mois après une demande de renseignements. Il couvre aussi une adresse d’affaires publiée bien en vue, si le message se rapporte au rôle de la personne. Il expire; l’exprès, non.

C’est à vous de prouver le consentement : notez la date, la source et le libellé que chaque personne a vu. Les pénalités montent à 1 million de dollars par violation pour un particulier et 10 millions pour une organisation, selon le guide de Gowling WLG sur la LCAP. Séminaires et séquences de relance sont détaillés dans la LCAP pour les conseillers financiers : consentement, séminaires et relances par courriel.

LPRPDE

La LPRPDE est la loi fédérale sur la vie privée dans le secteur privé : 10 principes, appliqués par le Commissariat à la protection de la vie privée. En marketing, ceux qui mordent sont la détermination des fins, le consentement et la limitation de la collecte : votre formulaire ne recueille que ce que sa fin déclarée exige.

La Loi 25 du Québec : pixels, témoins et responsable de la protection des renseignements personnels

La Loi 25 est en vigueur par phases de septembre 2022 à septembre 2024. Elle impose trois obligations qui touchent directement votre marketing, comme l’explique l’analyse de McCarthy Tétrault sur la Loi 25 et les témoins :

  1. Désigner un responsable de la protection des renseignements personnels. Par défaut, la plus haute autorité (dans une pratique, vous); nom et coordonnées publiés.
  2. Publier une politique de confidentialité en langage clair, et réaliser une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée pour certains projets et les transferts hors Québec, ce qu’impliquent la plupart des CRM et plateformes.
  3. Article 8.1 : les technologies de suivi. Informer les utilisateurs de toute technologie qui les identifie, les localise ou les profile, et de la façon de l’activer. La Commission d’accès à l’information y voit un opt-in pour le suivi non essentiel. Le pixel Meta qui part avant le consentement du visiteur est le problème de Loi 25 le plus fréquent chez les conseillers.

Les incidents se signalent à la CAI. Sanctions administratives jusqu’à 10 millions de dollars ou 2 % du chiffre d’affaires mondial; amendes pénales jusqu’à 25 millions ou 4 %. Le bandeau de témoins s’impose autant à une pratique de deux personnes à Laval, où la langue de la page est réglementée elle aussi.

La Charte de la langue française s’applique-t-elle à vos publicités ?

Oui, si la publicité, la page ou la publication vise le Québec, et ça inclut votre publicité en anglais à Montréal. L’article 52 de la Charte, renforcée par le projet de loi 96, couvre les publications commerciales sur tout support. Le résumé de Smart & Biggar sur la réforme de la Charte énonce les exigences pratiques :

  • Sites web et publications sociales commerciales destinés au Québec : une version française de qualité et de visibilité équivalentes. Une page en anglais seulement derrière une publicité en français ne suffit pas.
  • Publicité commerciale et affichage public : le français doit figurer de façon nettement prédominante.
  • Un client qui vous écrit en français reçoit une réponse en français.
  • Amendes de 700 $ à 7 000 $ pour un particulier et de 3 000 $ à 30 000 $ pour une personne morale; les entreprises de 25 employés et plus s’inscrivent auprès de l’OQLF.

Pour un conseiller de Montréal, le modèle qui fonctionne, c’est deux entonnoirs parallèles. Publicité, page et réservation en français d’un côté, en anglais de l’autre, chacun ciblé par langue dans Meta. Une traduction de dernière minute se lit comme une traduction, et ça coûte des conversions autant que de la conformité. La plateforme où roulent ces publicités ajoute ses propres règles.

Qu’est-ce que Meta exige des annonceurs financiers ?

Vous avez probablement vu une option d’audience grisée dans le gestionnaire de publicités sans savoir pourquoi. Meta traite les services financiers comme une catégorie restreinte : deux couches s’ajoutent à tout ce qu’un régulateur demande.

La politique sur les services financiers. La politique de Meta sur les produits et services financiers a été mise à jour le 1er mai 2026. Les annonceurs financiers peuvent devoir vérifier l’identité de l’entreprise ou de la personne, et démontrer leur autorisation par le régulateur compétent. Les publicités respectent les exigences légales de divulgation, ne demandent pas directement de renseignements financiers et ne sont pas trompeuses.

Crédit, prêt et assurance ciblent les 18 ans et plus. Meta peut exiger cette vérification de vous en particulier : gardez vos renseignements d’inscription à portée de main avant le lancement.

La catégorie d’annonce spéciale. Qui cible le Canada avec des produits ou services financiers doit le déclarer, et les restrictions transforment le ciblage :

  • âge verrouillé de 18 à 65 ans et plus;
  • aucune exclusion par genre;
  • aucun ciblage par code postal et aucune exclusion géographique;
  • ciblage détaillé limité et aucune audience similaire.

Depuis le 2 septembre 2025, Meta bloque aussi les audiences personnalisées et similaires qui laissent deviner une situation financière (revenu, valeur nette, cote de crédit).

Côté conformité, votre créatif a toujours besoin de l’approbation de votre courtier ou AGA, comme toute publicité. Votre page d’atterrissage et votre formulaire doivent respecter la LCAP et, pour le Québec, la Loi 25 et la Charte. Les mécanismes sont dans publicités Facebook et Instagram pour les conseillers financiers au Canada. Une question reste en dehors du compte publicitaire : comment vous payez la personne qui le gère.

Pourquoi les honoraires d’agence par client sont risqués

On vous a probablement proposé une entente où l’agence est payée par client signé ou prend une part des actifs. Relisez-la deux fois. Payer une agence non inscrite par client acquis, ou en pourcentage des actifs, peut créer une entente d’indication de clients sous le Règlement 31-103.

Ça amène des obligations d’entente écrite, de divulgation et de conflits, et rend votre société responsable de ses déclarations. Le modèle de tarification d’une agence est une question de conformité, pas seulement de budget.

Les articles 13.7 à 13.10 du Règlement 31-103 imposent trois choses à une société inscrite :

  • ne verser une commission d’indication qu’en vertu d’une entente écrite;
  • vérifier les qualifications de l’indicateur;
  • remettre au client une information écrite avant le début des services : parties, objet, modalités, conflits, calcul de la commission et catégories d’inscription.

Une proposition de 2018 visant à les plafonner a été abandonnée; ces ententes sont plutôt traitées comme des conflits d’intérêts importants à régler dans l’intérêt du client. L’Avis 31-369 étend la même logique aux promoteurs rémunérés.

Un tarif fixe pour des services marketing, sans lien avec les clients signés ou les actifs recueillis, est la façon habituelle de garder une agence hors du régime des indications. Aucun régulateur n’a dit « les tarifs fixes, c’est correct ». Traitez ça comme une pratique établie, pas une ligne claire, et mettez l’entente devant la conformité avant de signer. Les mêmes règles valent pour les indications entre conseillers et avec les centres d’influence; le guide de stratégie de références couvre le volet de l’entente écrite.

Liste de vérification et flux de révision qui vous garde en ligne

Vous avez probablement remarqué les trois mêmes commentaires sur chaque soumission. La plupart des refus sont prévisibles. Passez cette liste sur chaque pièce avant l’envoi à la conformité, et ce qui reviendra sera surtout des coquilles.

  1. Catégorie. Publicité, documentation commerciale ou correspondance ? Données de rendement ou titre précis ? Si oui, approbation préalable, et pas par vous.
  2. Titres. Chaque titre est détenu, non fondé sur les ventes et permis dans votre province. « Planificateur financier » ou « conseiller financier » n’apparaît que là où vous détenez le titre de compétence requis (Ontario, Nouveau-Brunswick, Québec).
  3. Affirmations. Aucun langage sur la valeur future : ni « garanti », ni « sans risque », ni « battre le marché ». Chaque superlatif a une source que votre cabinet accepte, sinon il disparaît.
  4. Rendement. Tout chiffre est au format du Règlement 81-102 ou de l’Avis 31-325, avec périodes, frais et limites. En cas de doute, retirez-le.
  5. Tiers. Chaque témoignage, avis, citation ou promotion payée a une permission écrite, une vérification de la politique du courtier et, si payé, une entente écrite.
  6. Assurance. Noms d’assureurs utilisés avec permission. Capacité (indépendant ou exclusif) énoncée avec exactitude.
  7. LCAP. Chaque courriel identifie l’expéditeur et offre un désabonnement fonctionnel. La liste est en consentement exprès ou dans la fenêtre de consentement tacite, et vous pouvez le prouver.
  8. Vie privée. Le formulaire ne recueille que ce que la fin déclarée exige. Pour le trafic du Québec : responsable nommé, politique publiée, pixels derrière un opt-in.
  9. Langue. Tout ce qui vise le Québec a une version française de qualité et de visibilité équivalentes.
  10. Publicités payées. Catégorie d’annonce spéciale déclarée. Aucune audience fondée sur la situation financière. Page d’atterrissage et créatif dans le même dossier d’approbation.
  11. Dossiers. Version finale, approbation et date archivées quelque part qui existera encore dans 7 ans.

Comment structurer le flux de révision

Les conseillers qui publient chaque semaine n’ont pas un courtier plus tolérant : ils partagent trois habitudes.

  • Ils travaillent en lots : un mois de publications, deux courriels et un ensemble de publicités partent à la conformité en un seul envoi, à date fixe.
  • Ils tiennent une bibliothèque de contenu approuvé, chaque pièce rangée avec sa référence, pour qu’une publication sur les plafonds du CELI reserve l’an prochain avec seulement les chiffres à jour.
  • Ils font approuver le contenu intemporel d’avance, pour que le calendrier ne dépende jamais d’un retour la semaine même.

Voilà ce que ça donne sur six mois.

En pratique : une conseillère de Toronto (cas illustratif) chez un courtier en placement de l’OCRI veut publier trois fois par semaine et lancer une campagne Meta par trimestre. Elle monte un lot mensuel de 12 publications : 9 éducatives (dates limites REER, fonctionnement d’un prêt au conjoint) et 3 sur son processus. Elle le soumet le premier jour ouvrable du mois, avec le créatif et la page d’atterrissage du trimestre suivant.

Son réviseur approuve les publications éducatives en quelques jours, renvoie une publication sur le processus pour corriger un titre, et approuve d’avance l’ensemble de publicités, sans donnée de rendement. Au sixième mois, elle a une bibliothèque de 40 publications intemporelles approuvées, à republier quand la semaine déborde.

Si vous bâtissez la stratégie sous laquelle s’inscrit cette couche de conformité, commencez par le guide complet du marketing pour conseillers financiers au Canada.

Foire aux questions

Quelles sont les règles de publicité de l’OCRI pour les conseillers financiers ?

La série de règles 3600 de l’OCRI exige de votre courtier des politiques écrites pour réviser et superviser publicité, documentation commerciale et correspondance, médias sociaux compris. Toute donnée de rendement et toute lettre sur les marchés sont approuvées d’avance par quelqu’un d’autre que l’auteur. Conservation : 2 ans pour la publicité et la documentation commerciale, 5 pour la correspondance, 7 pour les dossiers généraux.

Mon courtier doit-il approuver mes publications sur les médias sociaux ?

Votre courtier doit avoir un processus de révision pour elles, et la plupart approuvent d’avance les publications statiques comme publicité. Réponses en temps réel et messages directs sont traités comme correspondance, supervisée après coup. Toute donnée de rendement exige une approbation préalable. La politique écrite de votre courtier fixe la procédure exacte.

Un conseiller financier peut-il utiliser des témoignages de clients au Canada ?

Oui, sous réserve de la politique de votre courtier : aucune règle canadienne en valeurs mobilières n’interdit d’emblée les témoignages de clients. Ce sont des communications publicitaires : non trompeuses, et approuvées d’avance par votre courtier. Plusieurs les restreignent par politique interne, par exemple en faisant désactiver les recommandations LinkedIn. Vérifiez la politique de votre courtier avant de publier un avis ou un endossement.

Ai-je besoin d’un consentement LCAP pour écrire aux participants de mon séminaire ?

Oui. Assister à un séminaire n’est pas un consentement exprès. Une demande de renseignements peut créer un consentement tacite de 6 mois, mais la voie sûre est une case d’opt-in non précochée sur le formulaire d’inscription : consentement exprès, sans expiration. Gardez la trace de quand et comment chaque personne a consenti : le fardeau de la preuve vous revient.

Que signifie la Loi 25 du Québec pour mon site web et mon pixel Facebook ?

Votre pixel Meta ne devrait pas partir pour un visiteur du Québec avant son consentement par bandeau. La Loi 25 vous oblige à nommer un responsable de la protection des renseignements personnels, à publier une politique de confidentialité en langage clair et à informer les visiteurs de toute technologie qui les identifie, les localise ou les profile, avec un moyen de l’activer. La CAI y voit un opt-in pour le suivi non essentiel.

Une croissance qui passe la révision du premier coup, chaque mois

Finnect, agence d’acquisition de clients de Montréal pour les conseillers financiers canadiens, bâtit vos publicités, entonnoirs, courriels et contenus dans les règles de votre cabinet et les livre en lots prêts pour la révision. Votre agenda se remplit sans qu’une seule pièce mette votre permis en question. Tarif mensuel fixe pour connaître le montant avant de commencer, jamais un pourcentage de vos actifs pour que les règles d’indication de votre cabinet restent nettes, chaque livrable rédigé pour la révision de conformité de votre cabinet, français du Québec et anglais sous un même toit.

Réserver mon audit gratuit

Cet article est de l’information générale pour les conseillers financiers canadiens, pas un avis juridique, de conformité ou de placement. Votre catégorie d’inscription, les politiques de votre cabinet et votre régulateur provincial déterminent ce qui s’applique à vous. Les chiffres sont illustratifs sauf lorsqu’une source est citée.

Passez à la pratique : publicité et génération de prospects · entonnoirs marketing
À lire aussi : Règles de l’OCRI sur les médias sociaux pour les conseillers · La LCAP pour les conseillers financiers : consentement, séminaires et relances par courriel